Google peut-il prédire la finance ? Les étudiants de l'ESME Sudria ont la réponse !

Chaque année, le laboratoire d'ingénierie et des systèmes de traitement de l'information (ISTI) de l'ESME Sudria travaille sur des projets ambitieux confiés par des entreprises. Sous l'égide de Sébastien Herry, le responsable du laboratoire, les étudiants de 4e et 5e années ont ainsi pu s'occuper de deux projets phares ces derniers mois. Le premier portait sur la réalisation d'un simulateur de réalité virtuelle quand le second abordait la question des modèles d'investissement inspirés des tendances observées par Google.

Supervisé par 42Capital, une société d'investissement / hedge fund basée sur Paris, ce projet réalisé par les étudiants de 5e année consistait à vérifier puis implémenter un modèle d'investissement inspiré d'un article scientifique qui avait fait grand bruit lors de sa parution. « Cet article disait qu'en suivant les informations de flux d'actualité de Google, des flux boursiers et des échanges qu'il pouvait y avoir sur ces flux, on pouvait prédire l'évolution de la bourse, souligne Sébastien Herry. Les étudiants de l'ESME Sudria ont alors implémenté réellement le modèle d'une manière scientifique pour mesurer si cela était vrai. »

finance_google_investissement_laboratoire_isti_esme_sudria_01.jpgModèle d'investissement : Google peut-il vraiment prédire les cours de la bourse ?
Coachés par le responsable R&D de 42Capital, les étudiants ont fait de nombreux benchmarks et ont montré dans quels cas de figure ce modèle utilisant les Google Trends fonctionnait et dans quels cas il ne s'avérait pas probant. « Une société d'investissement cherche justement à trouver les meilleurs modèles pour essayer de faire évoluer les portefeuilles de ses clients et testent donc plein de modèles pour essayer de trouver les stratégies les plus performantes, précise le responsable du laboratoire. La mission de l'ESME était donc d'implémenter ce modèle et de regarder comment il évoluait et s'il atteignait bien les performances définies par l'auteur. En général, quand on fait de la recherche, on ré-implémente ce qui est donné par les auteurs de littérature scientifique et on le vérifie : c'est ce qu'ont fait les étudiants en confrontant différentes données. Au final, sur des données plus d'actualité, le modèle ne se comportait pas vraiment comme pouvait l'expliquer l'auteur de la littérature. Les étudiants ont réussi à déterminer dans quelles portions des cas cela se passait vraiment bien et dans quelles circonstances on pouvait maximiser ses gains. » Ce projet d'analyse des sentiments issus des média-sociaux pour l'aide à l'investissement a d'ailleurs été désigné « meilleur projet » lors du Symposium 2014.

Quand le laboratoire d'ingénierie et des systèmes de traitement de l'information de l'ESME Sudria s'attaque à la Réalité virtuelle

Chaque année, le laboratoire d'ingénierie et des systèmes de traitement de l'information (ISTI) de l'ESME Sudria travaille sur des projets ambitieux confiés par des entreprises. Sous l'égide de Sébastien Herry, le responsable du laboratoire, les étudiants de 4e et 5e années ont ainsi pu s'occuper de deux projets phares ces derniers mois. Le premier portait sur la réalisation d'un simulateur de réalité virtuelle quand le second abordait la question des modèles d'investissement inspirés des tendances observées par Google.

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La réalité virtuelle pour agrémenter la pratique individuelle du sport en intérieur
Confiée par une start-up prête à déposer le projet pour plus tard l'industrialiser, cette réalisation d'un prototype de simulateur de réalité virtuelle a réuni étudiants de 4e et 5e années de l'école. Si les premiers cités étaient chargés de réaliser une application mobile IOS afin de configurer le simulateur (l'utilisateur pouvant ainsi retrouver sa configuration et lancer la simulation depuis son iPhone), les 5es années participaient directement à la conception du démonstrateur. « Sur ce genre de mission, l'ESME Sudria s'arrête en général à la partie prototype même si nous pouvons parfois faire des recommandations à l'entreprise quand elle souhaite industrialiser le produit, explique Sébastien Herry. Les étudiants ont ainsi aidé à réaliser le prototype, le laboratoire l'a finalisé. » Loin d'être un clone du célèbre Oculus Rift, ce simulateur de réalité virtuelle basé sur la pratique du sport individuel (vélo, course à pied, rameur, etc.) était composé de trois écrans panoramiques d'1 m 20 permettant de recréer un environnement propice à l'immersion.

La chaire Big Data HP de l'ESME Sudria tient ses promesses

Lancée en janvier, la chaire Big Data mise en place par l'ESME Sudria et HP porte déjà ses fruits. Outre le fait d'avoir récemment permis la visite d'un centre de données français de classe mondiale par les 2es années du campus lyonnais, elle est également à l'origine de projets ambitieux et de belles opportunités professionnelles pour les étudiants. En charge de cette chaire et du laboratoire d'ingénierie des Systèmes de Traitement de l'Information (ISTI) de l'école, Sébastien Herry dresse ainsi un bilan plus que positif de cette initiative.

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En un semestre, la chaire Big Data a déjà vu naître trois Proofs of Concept (les fameuses preuves de concept, plus communément appelée POC) menées par les étudiants de 5e année de la filière ISTI dont s'occupe Sébastien Herry. « L'objectif qu'on avait pour cette première année était notamment de commencer à lancer des POC basés sur le Big Data et les outils HP, détaille celui qui enseigne également l'informatique aux différentes années de l'école. Les étudiants ont ainsi pu tester et comparer les solutions HP, plus industrielles, et les solutions open source existantes. »

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La possibilité de travailler sur les différents angles de l'analyse de données
Pouvant être aussi bien « techniques » que ludiques, ces POC ont abordé des thématiques diverses, permettant aux étudiants d'approfondir différents domaines propres au Big Data. Le premier POC consistait ainsi à faire une interface entre Mahout, un système d'analyse de données open source et Vertica, le système de base de données de HP, « afin de confronter les performances de Mahout par rapport à IDOL, le système d'analyse de données de HP ». Le deuxième POC se concentrait quant à lui sur les outils de visualisation des données « pour trouver la meilleure manière de présenter aux utilisateurs des données en fonction de leur nature ». Enfin le troisième POC se basait sur le site IMDb, l'Internet Movie Database. « L'idée était de faire un équivalent du site mettant en place un système de mise en évidence des commentaires laissés - le Big Data permettant de visualiser les mots qui ressortent le plus et ce que pensent donc les gens au travers de leurs avis », détaille Sébastien Herry. Une variante du bien connu nuage de tags visibles sur de nombreux sites Web qui colle parfaitement à l'esprit du Big Data, dont l'intérêt est de pouvoir analyser très rapidement d'importantes quantités de données sous différents angles.

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Déjà des retombées plus qu'intéressantes pour les étudiants
« Le bilan de cette année est assez incroyable puisque pratiquement tous les étudiants, ceux qui ont travaillé sur les POC et d'une manière générale tous ceux de la filière ISTI, ont trouvé très rapidement des stages dans de la filière Big Data et reçu des promesses d'embauches très intéressantes, dont certaines de la part de grandes sociétés, se réjouit ainsi le responsable du laboratoire qui ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. On va bien sûr continuer l'année prochaine et peaufiner tout ça : les enseignements, les projets, etc. Je compte notamment rajouter des cours autour de la modélisation des données - ce qui est vraiment le côté Data scientist de la formation - avec l'appui de chercheurs. Des experts de HP devraient également venir montrer les dernières technologies aux étudiants. » Quoi de plus normal que de voir les choses en grand quand on travaille sur le Big Data avec un partenaire reconnu ?

Le lead planner selon Thomas Lorineau (promo 2012)

Plusieurs possibilités de carrière s'offrent aux diplômés de l'ESME Sudria qui souhaitent mettre à profit leurs connaissances en ingénierie sans pour autant exercer un métier trop technique à leur goût. Parmi celles-ci, le métier de lead planner qui nécessite également un profil managérial. Consultant chez Eurogiciel depuis février 2013, Thomas Lorineau (ESME Sudria promo 2012) occupe justement ce poste-là pour Amadeus, le leader mondial des solutions de traitement des réservations pour l'industrie du voyage. Il nous dévoile les facettes de ce métier éminemment stratégique pour le bon fonctionnement de l'entreprise.

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Chaque année, certains étudiants de 5e année de l'ESME Sudria décident de réaliser un double cursus en ingénierie et management avec l'ISG. Ce choix, Thomas Lorineau l'a fait en 2012 en effectuant le MBA Conseil en organisation et Gestion du changement proposé par l'école de commerce. « Je n'avais pas spécialement envie de commencer ma vie active dans un métier trop technique, explique Thomas. Je voulais un métier plus fonctionnel, lié à la gestion de projets. Je pensais que le double diplôme avec l'ISG permettrait plus facilement de me faire recruter sur un métier plus axé sur le management... et c'est effectivement ce qui s'est passé ! » Désormais lead planner au sein de la société de logiciels de réservation Amadeus, Thomas évolue ainsi toujours « dans un environnement technique » sans pour autant faire partie des développeurs avec qui il travaille et dialogue fréquemment. « Ce que j'ai particulièrement apprécié à l'ESME Sudria, c'est le fait d'avoir reçu un enseignement généraliste et qu'on nous a aussi appris à apprendre, assure-t-il. Ce bagage me permet de comprendre ce que les développeurs me racontent et de m'adapter : je peux comprendre le monde de l'IT mais aussi celui de télécommunications ou celui des systèmes embarqués. La formation ouvre beaucoup de portes. »

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Quelle est la différence entre un planner et un lead planner ?
Au sein d'Amadeus, le planner est celui qui va implanter des processus de planning et faire du coaching pour que les managers des équipes utilisant le logiciel Microsoft Project puissent comprendre son fonctionnement. Il met ensuite en place des outils de reporting pour, à partir des informations rentrées dans le logiciel, avoir des indicateurs à fournir aux chefs de projets. Le but, c'est de suivre les activités, de s'assurer que les managers des équipes formalisent ces dernières et tiennent les dates. Le tout sans oublier d'identifier - et de comprendre - les retards et les risques.
Le lead planner est quant à lui directement rattaché à un chef de projets. Pour fournir des indicateurs directement aux chefs de projets pour consolider les reportings, il utilise énormément la remontée d'informations : chaque planner fait son travail et ensuite le lead planner va coordonner les activités de planning, vérifier et contrôler la coordination des planners. En gros, le lead planner contrôle le bon travail des planners, consolide ensuite ces informations auprès des chefs de projets pour proposer des améliorations.

Quels sont les principaux défis liés à ce métier ?
Il y a d'abord la gestion du changement. Le lead planner essaye d'implanter des façons de faire, des process, qui ne sont pas forcément dans la culture de l'entreprise. Cela peut correspondre à l'utilisation de plannings, d'outils particuliers, de « feuilles de temps / timesheets », etc. L'idée, c'est d'implémenter et trouver des moyens autour de la gestion du changement pour faire adhérer les managers des équipes.
La volumétrie représente l'autre grand défi ce métier : chaque planner ayant une vingtaine d'équipes à suivre composées d'une dizaine de personnes, on arrive assez rapidement à des nombres importants ! Pour donner une idée, Amadeus emploie près de 5 000 personnes à Nice et 10 000 dans le monde, dont près de 3 500 personnes pour la seule branche R&D dont je fais partie. Et comme l'objectif est que chaque personne ne fasse pas son reporting en local, il faut arriver à uniformiser un peu tout le monde pour que chacun fasse un reporting consolidable à haut niveau afin qu'on puisse en extraire des informations pertinentes et communiquer au top management de l'entreprise.

À quoi ressemble le quotidien d'un lead planner ?
C'est beaucoup de réunions avec les managers des équipes pour leur présenter les process et les faire adhérer. Typiquement, l'apprentissage que j'ai eu lors de mon MBA à l'ISG est très utile au quotidien pour cela : il me permet de savoir comment faire face à des personnes qui sont plutôt réfractaires au changement comme celles qui y sont favorables. D'autant que nous sommes dans une entreprise qui est très internationalisée : nous avons beaucoup de réunions en anglais. Le côté animation de réunions en français et en anglais est aussi très formateur et fait partie des composantes du métier, cela représente près de 35 % de notre temps.

Le réseau des diplômés : un atout de plus 1/2

Depuis cette année, Dominique Steve (ESME Sudria promo 1986) succède à Philippe Deltombes (ESME Sudria promo 1972) à la présidence de l'association Ingénieurs ESME-Sudria. Cet ingénieur est également dirigeant d'Arcenza, sa propre société de conseil en systèmes et logiciels informatiques, qu'il a créé en 2007 après un parcours professionnel riche et varié comme salarié d'entreprises du secteur des logiciels. Dans sa transition du salariat à l'entrepreneuriat, il a bénéficié d'éclairages avisés des diplômés de l'ESME Sudria et revient justement sur son expérience auprès de l'association Ingénieurs ESME-Sudria, ainsi que sur la place de plus en plus importante que prennent les réseaux dans le monde professionnel.

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En quoi cultiver le réseau des diplômés est important pour les étudiants passés, actuels et futurs de l'ESME Sudria ?
Les réseaux professionnels ont toujours joué un rôle clé dans la réussite et le développement de la carrière professionnelle. C'est encore plus vrai aujourd'hui où les secteurs d'activité sont mondialisés, se restructurent fréquemment et où les entreprises sont fortement connectées à leurs clients, leurs partenaires, leurs fournisseurs, voire à leurs concurrents dans des joint-ventures sur certains territoires. Les ingénieurs sont donc naturellement amenés à posséder un réseau de relations au sein de leur entreprise et de ses partenaires. Pourtant, ce n'est pas suffisant : il est nécessaire d'adopter une démarche active et construite de développement et d'entretien de son réseau afin d'y apporter trois composantes essentielles : un réseau de pairs avec qui partager une expertise, des problématiques et valider son expérience professionnelle, un réseau plus éclectique où puiser des solutions innovantes et des idées nouvelles mais aussi un réseau d'amis pour se ressourcer (le fameux « modern posse » introduit par Lynda Gratton de la London Business School). Le réseau Ingénieurs ESME-Sudria, constitué de diplômés aux parcours très différents dans une grande diversité de secteurs professionnels, offre une source incontestable de rencontres et d'échanges dans ces trois dimensions.
C'est en particulier une des rares opportunités ouvertes à celui qui envisage une réorientation de carrière ou une reconversion professionnelle et qui se retrouve impuissant face à son réseau d'entreprise et aux recruteurs qui le confinent tous deux dans son domaine d'expertise et dans la valorisation de son expérience professionnelle acquise.
Personnellement, c'est la richesse que j'ai immédiatement constatée quand j'ai démarré mon projet de création d'entreprise. La création d'entreprise nous confronte à des problématiques qu'on ne peut facilement résoudre sans sortir de l'état d'esprit du salarié. En me rapprochant du réseau des dirigeants et créateurs d'entreprises de mon association de diplômés, et en rencontrant des chefs d'entreprises en activité ou retraités, j'ai obtenu des clés inestimables pour traiter plusieurs sujets sur lesquels je bloquais.

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Le bureau 2014-2015 de l'association Ingénieurs ESME Sudria
De gauche à droite : Michel Mazzella (secrétaire général adjoint), Olivier Destang (vice-président, Carrière), Bernard Vetter (vice-président, Réseau), Dominique Steve (président), Yves Moulin (trésorier), Catherine Gautier de la Plaine (vice-présidente, Communication) et Alain Leloup (secrétaire général, Groupes régionaux et étrangers)

Depuis combien de temps êtes-vous impliqué dans l'association des diplômés ?
Je le suis véritablement depuis 2004. Après mon diplôme en 1986, j'ai suivi le parcours normal d'un ingénieur, si tant est qu'il en existe un, et j'ai été très vite pris, comme la majorité des ingénieurs de l'ESME Sudria, par une vie professionnelle internationale intense. À cette époque, il me semblait que je n'avais pas assez de temps pour l'association et pour son réseau de diplômés. En réalité, j'avais une vision très naïve du réseau et je n'avais pas eu la chance d'être éclairé sur sa valeur et sur la façon de le développer et de l'utiliser. Heureusement, ça n'est plus le cas pour les plus jeunes générations. Quoiqu'il en soit, tout a changé en 2004, quand j'ai commencé à m'intéresser à l'entrepreneuriat. Je recherchais un guide de cuisine, une validation économique de mon projet, mais je souhaitais aussi inconsciemment me conforter dans la légitimité de ma démarche. C'est pourquoi j'ai rapidement ressenti une plus grande proximité avec le service proposé par mon association de diplômés qu'avec les organismes d'aide à la création d'entreprise institutionnels qui m'ont aussi apporté une aide utile. Mon attrait pour l'association est donc d'abord réapparu dans le cadre d'une recherche de service. Mais j'ai ensuite rapidement découvert la richesse, la qualité et la diversité de notre réseau. Et enfin, ce sont les échanges et les relations d'amitié que j'ai noués avec ses nombreux bénévoles qui m'ont durablement lié à l'association.

Retrouvez la deuxième partie de notre entretien avec Dominique Steve

Le réseau des diplômés : un atout de plus 2/2

Depuis cette année, Dominique Steve (ESME Sudria promo 1986) succède à Philippe Deltombes (ESME Sudria promo 1972) à la présidence de l'association Ingénieurs ESME-Sudria. Cet ingénieur est également dirigeant d'Arcenza, sa propre société de conseil en systèmes et logiciels informatiques, qu'il a créé en 2007 après un parcours professionnel riche et varié comme salarié d'entreprises du secteur des logiciels. Dans sa transition du salariat à l'entrepreneuriat, il a bénéficié d'éclairages avisés des diplômés de l'ESME Sudria et revient justement sur son expérience auprès de l'association Ingénieurs ESME-Sudria, ainsi que sur la place de plus en plus importante que prennent les réseaux dans le monde professionnel.

Retrouvez la première partie de notre entretien avec Dominique Steve

association_anciens_ingenieurs_esme_sudria_entretien_president_dominique_steve_01.jpgDurant votre carrière, vous avez respectivement été ingénieur de recherche, ingénieur de développement, Technical Lead puis directeur à différents niveaux en entreprise avant de créer votre société. Au final, qu'est-ce qu'être un ingénieur selon vous ? Est-ce que cela représente un mélange de ces différents profils ou est-ce d'être capable justement de pouvoir se diriger vers d'autres horizons ?
Je pense que le profil d'ingénieur est multiforme et je suis toujours étonné de voir combien nos rôles et nos responsabilités peuvent varier. Mais je crois fondamentalement que le rôle distinctif de l'ingénieur est de faire le lien entre les besoins de la société au sens large - captés par les services marketing de l'entreprise - et les technologies de pointe développées par les experts, qui donnent accès à de nouveaux produits et à de nouvelles capacités d'industrialisation. L'ingénieur est donc un vecteur essentiel d'innovation et de croissance économique.
Il exerce un métier complexe, nécessitant une grande ouverture d'esprit, une capacité à apprendre, à trouver des solutions, à piloter des projets, à manager et à communiquer, mais qui, de par ses caractéristiques, apporte énormément de satisfaction personnelle.
Je considère d'ailleurs que ma propre carrière d'ingénieur reflète bien cette définition. Après l'ESME Sudria, j'ai pris la voie de l'expertise en logiciel d'abord par un DEA en informatique puis en rejoignant un programme de recherche de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) associant des chercheurs et des industriels. J'ai mis à profit cette expérience en recherche en participant, comme ingénieur de développement logiciel et responsable de projets, à l'entreprise qui a essaimé de ce projet. Par la suite, j'ai rejoint d'autres éditeurs de logiciels où j'ai évolué dans l'encadrement technique, l'encadrement humain et enfin l'encadrement d'activités. J'ai ainsi été associé à des aventures industrielles extrêmement motivantes au sein d'équipes internationales, dans des projets à forte composante d'innovation conduisant, dans le cas de l'entreprise Business Objects, à un leader mondial, en relation avec des clients stratégiques en Europe, aux Etats-Unis et au Japon.
La relation à l'international en expatriation ou au travers des filiales, partenaires et clients de l'entreprise est d'ailleurs une composante omniprésente de la fonction d'ingénieur qu'aucun étudiant ne peut se permettre d'ignorer tant sur le plan de la langue, que de la culture, des modes de pensée et de raisonnement, de l'histoire et de l'économie.

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Dominique Steve lors de la cérémonie de remise des titres de la promotion 2013

La création d'entreprise est-elle incontournable pour les ingénieurs ?
L'ingénieur est indispensable à la création d'entreprise et surtout à la création d'entreprise innovante. C'est essentiel pour nos économies occidentales, fortement dépendantes d'activités à forte valeur ajoutée, dans la compétition mondiale. Il est donc important que nos futurs ingénieurs soient confrontés à l'entrepreneuriat durant leur cursus ; d'autant que l'entrepreneuriat s'avère un excellent moyen d'ouvrir l'ingénieur sur les problématiques plus larges du fonctionnement de l'entreprise.
Pour autant, ne faisons pas d'une nécessité économique et d'une valorisation nouvelle de l'entrepreneur dans notre société, l'unique voie pour nos ingénieurs, comme ça l'a été pour les carrières dans les grands groupes industriels lorsque j'ai été diplômé. Tout jeune ingénieur n'est pas prêt ou motivé par la création d'entreprise. Il aura cependant de multiples opportunités de se développer au sein d'entreprises de tailles diverses, y compris des start-ups ou de jeunes entreprises de croissance. Il pourra aussi s'engager dans l'intraprenariat au sein de grands groupes, et éventuellement le moment venu, faire le choix de créer sa propre structure ou de reprendre une entreprise existante.

Retour d'un semestre à la Shanghai Jiao Tong University

Du 23 février au 30 juin, Quentin Mercier (ESME Sudria promo 2016) était en Chine pour effectuer son semestre international de 3e année au sein de la Shanghai Jiao Tong University (SJTU), une université réputée qui fait partie des nombreux établissements partenaires de l'ESME Sudria.

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En fin de 3e année, les étudiants de l'ESME Sudria poursuivent leurs études dans une des universités partenaires de l'école durant six mois. Ce semestre international offre l'opportunité de compléter leur formation tout en s'adaptant à un nouvel environnement culturel, dans la majorité des cas sans surcoût académique. De février à juin, Quentin Mercier a expérimenté ce voyage académique en évoluant dans « une université très bien cotée au niveau mondial » : la Shanghai Jiao Tong University. « J'avais un peu peur en partant, avoue l'étudiant, par ailleurs président de l'association Sudriabotik. C'était l'inconnu : on a entendu beaucoup de choses sur la Chine, des bonnes et des mauvaises... Mais finalement, une fois arrivé sur place, cela s'est super bien passé. »

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Quentin, à gauche, est également un passionné de photographie

Adaptation, installation et administration : les trois premières étapes du semestre international
Comme pour la plupart des étudiants partant étudier à l'étranger, les premiers jours du semestre de Quentin et les autres étudiants de l'ESME Sudria doivent d'abord prendre leurs repères. « L'accueil a été très chaleureux : nous avons été encadrés par des étudiants chinois dès notre arrivée à l'aéroport, raconte Quentin. Ils font partie du programme "Buddy" qui associe à chaque étudiant étranger un étudiant chinois pour nous montrer ce qu'on devait faire, où nous devions aller, etc. Nous avons pu être mis dans le bain petit à petit et, sans cela, nous aurions été complétement paumés vu la taille immense du campus et le nombre de tâches administratives à faire en arrivant. » Ce soutien aux étudiants de l'ESME Sudria fraîchement arrivés est précieux : prévu dans le cadre du partenariat liant l'école à la SJTU, il leur évite d'être dépaysés trop tôt.

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Le défi de la communication à l'étranger
« Pas grand monde ne parle anglais là-bas, détaille Quentin. Il faut donc avoir quelqu'un pour vous accompagner. Nous, nous avons eu cette chance mais c'était plus dur pour les autres personnes sur place qui devaient trouver cela par eux-mêmes. D'autant qu'il faut bien se faire comprendre auprès des équipes administratives du campus afin de signaler correctement notre arrivée, préciser notre date de départ, faire réaliser notre carte d'étudiant, etc. »

Comme le souligne Quentin, et même si les cours suivis par les étudiants de l'ESME Sudria y sont dispensés en anglais, se préparer à vivre un dépaysement linguistique fait aussi partie du voyage. Pour maximiser ses chances de pouvoir communiquer avec les habitants de Shanghai, il faut donc s'investir et ne pas hésiter à dégainer son smartphone en cas de quiproquo. « Avec mon cours de chinois, je sais dire énormément de choses mais sans mon cours, cela reste rudimentaire : je peux demander à manger, à boire, etc. Le principal problème de la langue chinoise, c'est d'arriver à maîtriser les tons - il y a cinq tons différents et, selon l'intonation de la voix, le mot peut avoir un sens différent. Je conseille donc d'utiliser l'application Pleco qui est un très bon dictionnaire anglais-chinois : cela permet de montrer les caractères et d'éviter les incompréhensions. »

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L'opportunité de découvrir le pays hôtes en parallèle aux cours
L'emploi du temps des étudiants lors du semestre international est aussi pensé pour leur permettre de découvrir davantage leur pays d'accueil. « J'avais cours tous les jours de la semaine mais, si je commençais en général à 8 h du matin, je pouvais très bien avoir l'après-midi de libre ou un "gros trou" dans la journée, précise Quentin. Cela nous permettait de sortir régulièrement dans le centre-ville de Shanghai en attendant les autres visites prévues le week-end. La ville est d'ailleurs aussi très active la nuit, avec beaucoup de soirées. » Pendant son séjour, l'étudiant a ainsi fait le plein de souvenirs visuels.

Passé notamment par Pudong, connu pour « sa vue magnifique, avec tous les bâtiments d'affaires sur l'eau », le « Yu Garden », « qui abrite la reconstitution d'une ville chinoise traditionnelle », les monts jaunes, « les célèbres montagnes ayant inspiré le film Avatar », ou encore la province du Sichuan, « pour la vallée de Jiuzhaigou où se trouvent de grands lacs bleus miroitants », Quentin n'a pas de regret, si ce n'est de pas avoir eu le temps de faire un tour au Musée de la Propagande qu'on lui a maintefois conseillé. « Ce semestre m'a ouvert l'esprit, affirme-t-il. J'étais un peu casanier avant de partir et maintenant je me dis qu'il y énormément de pays que j'aimerais visiter, de paysages magnifiques que je voudrais découvrir. Cela m'a donné envie de voyager. »

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L'ESME Sudria Lyon inaugure son association avec la SEE

L'ESME Sudria Lyon hébergeait une conférence sur l'énergie de la Société d'Electriciens et d'Electroniciens (SEE) conduite par Patrick Leclerc, son président. Il s'agissait du premier acte de la collaboration débutée entre l'école d'ingénieurs et cette société savante française reconnue d'utilité publique.

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La SEE entretient des relations avec de nombreuses associations d'ingénieurs partout en France. En région Rhône-Alpes, elle collabore ainsi étroitement avec l'URIS, l'union régionale des ingénieurs et scientifiques et c'est justement à travers celle-ci qu'elle a pu entrer en contact avec l'école. « L'URIS Rhône Alpes a organisé au mois d'avril la Journée Nationale des Ingénieurs dans plusieurs lieux, dont le campus lyonnais de l'ESME Sudria, explique Patrick Leclerc. Suite à cette journée, nous avons organisé une réunion avec Eric Simon, directeur de l'ESME Sudria Lille et Lyon. A l'issue de cette dernière, nous avons conclu que nous étions mutuellement intéressés par le fait de partager nos informations et d'échanger, à Lille comme à Lyon, sur les manifestations que nous sommes capables de mettre en place sur les domaines de l'électricité. » Cet accord passé entre l'ESME Sudria et la SEE permet à cette société savante d'organiser ses futures conférences au sein de l'école. C'est ainsi que le 18 juin se tenait une première conférence au sein du campus lyonnais, devant une trentaine de professionnels et d'étudiants.

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La voiture électrique : une idée à creuser pour la santé et la consommation d'énergie

Cette conférence portait sur l'énergie et faisait directement écho à une des précédentes conférences de la SEE sur l'abandon des centrales nucléaires et la faible part de l'énergie renouvelable en France. « Nous pouvons constater que les 5 dernières générations ont consommé allégrement les réserves accumulées par les 120 000 générations précédentes, annonce Patrick Leclerc. Ce constat met en lumières deux choses : nous avons puisé dans des réserves qui ne sont pas renouvelables à l'échelle de l'homme (le pétrole, le charbon) et, en faisant cela, nous avons créé un système de dégradation de la Terre qui aujourd'hui risque d'être complétement irréversible. » Cette conférence débouchait ensuite sur une des solutions préconisée pour lutter contre cette pollution : la popularisation des véhicules électriques. « Cela permettra d'économiser les ressources en pétrole et d'éviter les émissions de particules et microparticules à l'origine de nombre de maladies et problèmes de santé, note le président de la SEE. La conférence s'est donc terminée sur une présentation des avantages des véhicules électriques mais de ses inconvénients, dont le plus important : la question de la production de l'électricité qui lui est destinée. »

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D'autres événements et échanges à venir

En plus d'organiser ses conférences au sein de l'ESME Sudria Lyon (et peut-être bientôt à l'ESME Sudria Lille), la SEE compte bien décliner l'accord passé avec l'école à travers d'autres opérations. Ainsi, comme le groupe régional Bourgogne de la SEE possède, fait la promotion et gère le Musée Ampère, les 1res années lyonnais seront probablement amenés à visiter cette maison où vécut André-Marie Ampère. « Cette visite serait intéressante puisque cela fait partie intégrante de ce qu'on appelle la "culture électrique" », soutient Patrick Leclerc. Si l'école a également une idée de conférence, la SEE pourra aussi l'accompagner en faisant traiter le sujet par un professionnel reconnu par l'association. Enfin, le réseau d'entreprises de la SEE pour favoriser des échanges entre l'école et des industriels pour des partenariats ou permettre aux étudiants de trouver un stage.

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A propos de la Société d'Electriciens et d'Electroniciens

Plus communément appelée la Société d'Electriciens et d'Electroniciens (SEE), la Société de l'électricité, de l'électronique et des technologies de l'information et de la communication a plus de 130 ans au compteur. Il s'agit d'une société savante qui a pour objectif de promouvoir et de divulguer la science dans le domaine de l'électrique, l'électricité et les techniques de l'information. Association basée à Paris et tournée vers les industriels, les universités et les grandes écoles, elle accueille plusieurs « clubs techniques » qui gèrent chacun un domaine bien spécifique (électrotechnique, matériel électrique, traitement de l'information, etc.) et réunissent régulièrement des experts d'entreprises qui viennent échanger sans souci de confidentialité ni de concurrence pour faire avancer la science. Ces échanges font l'objet de publications dans la « Revue de l'Electricité et de l'Electronique » (REE). En parallèle, la SEE possède également plusieurs groupes régionaux qui, grâce à un réseau d'experts, diffusent les avancées techniques au niveau local en organisant des conférences, des journées à thème ou encore des visites d'entreprises. La SEE remet aussi chaque fin d'année des diplômes aux industriels particulièrement performants dans l'innovation ou aux universitaires et thésards ayant fait avancer le domaine technique.

Le défi de Stéphane Herondelle (ESME Sudria promo 2014)

Stéphane Herondelle (ESME Sudria promo 2014) effectue un double diplôme avec l'ENS Cachan. Une fois son stage de fin d'études terminé, il partira en Inde pour effectuer plusieurs mois durant une mission humanitaire au sein de l'association Développement Sans Frontières auprès des jeunes de l'école du village de Kalkeri. Pour mener à bien cette aventure, cet étudiant au grand cœur sollicite l'aide des internautes à travers une campagne de crowdfunding.

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Établie dans le village du même nom, l'école de Kalkeri a été créée en 2001 par l'association Jeunes Musiciens du Monde en collaboration avec des citoyens indiens, français et canadiens. Le projet initial de l'association était de dispenser gratuitement aux jeunes indiens en difficulté une éducation à la musique indienne. Fort du succès rencontré, l'école propose maintenant une éducation scolaire en plus d'une éducation musicale pour 200 jeunes âgés de 6 à 22 ans et c'est pour participer à ce programme que Stéphane Herondelle souhaite s'envoler pour l'Etat du Karnataka dès novembre 2014. « Cette envie de réaliser une telle mission n'est pas nouvelle, explique ainsi l'étudiant. Dès le début de mes études, je m'étais en effet promis d'accomplir un projet humanitaire après l'obtention de mon diplôme. Sur place, je serai chargé d'enseigner des cours de langues, d'informatique et de faire de l'animation pour les jeunes de l'école. Je devrais également m'assurer que les enfants ayant des problèmes de santé soient référés aux personnes chargées des soins et participer à la vie de la communauté. » Pour financer une partie de ce beau projet et aider à votre tour ces jeunes indiens, Stéphane compte sur le soutien des internautes.

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Quand Stéphane dit qu'il part pour l'Inde, il ne raconte pas des salades


Pour l'aider, il suffit de faire un don sur la page de collecte consacrée à son voyage. Bonne chance à lui !

Le projet étudiant NeuroMove récompensé

Figurant parmi les projets phares du Symposium 2014, NeuroMove vient d'être récompensé par les jurys nationaux et régionaux de la 16e édition du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, renommée i-LAB cette année. Ce prix « Île-de-France Est » de la catégorie « en émergence » du concours salue ainsi Pierre Pagliughi, Grégoire Lerondeau et Kevin Martins (ESME Sudria promo 2014) pour leur idée de fauteuil roulant électrique contrôlé par le biais des ondes cérébrales. Il est accompagné d'une subvention qui permettra aux trois étudiants de potentiellement lancer leur propre entreprise et continuer à développer leur projet. Bravo à eux !

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A propos de l'ESME Sudria

L'ESME Sudria est une école d'ingénieurs fondée en 1905 par Joachim Sudria. L'école est reconnue par l'Etat depuis 1922. L'école est habilitée par la Commission des Titres de l'Ingénieur (CTI) à délivrer son diplôme au nom de l'Etat. Le diplôme d'ingénieur de l'ESME Sudria est visé par le Ministère de l'Éducation Nationale. Le diplôme d'ingénieur de l'ESME Sudria confère le grade de Master. L'école est membre de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) et de l'Union des Grandes Ecoles Indépendantes (UGEI).

Infos pratiques

  • ESME SUDRIA
    38 rue Molière
    94200 Ivry-sur-Seine

    TEL : 01 56 20 62 00
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