« De nombreux projets à mener »
Entretien avec Roger Ceschi, nouveau directeur de l'ESME Sudria.

Pourquoi avoir pris la direction de l'ESME Sudria ?
Les raisons sont multiples. L'ESME Sudria est une école d'ingénieurs ancienne et prestigieuse, ce qui en soi lui confère un pouvoir d'attraction important. Ensuite, faire vivre et progresser la renommée d'un établissement comme j'ai eu la chance de pouvoir le faire par le passé en dirigeant une grande école publique, puis une autre consulaire est un travail particulièrement intéressant. La renommée d'une grande école est une fonction à plusieurs variables. Parmi celles-ci figurent son ancienneté à laquelle est liée l'étendue de son réseau, les positions hiérarchiques occupées par ses anciens élèves, l'appréciation des industriels portée sur l'école, la sélectivité à l'entrée de l'école, le niveau scientifique des programmes d'enseignement, l'extension de la formation au-delà de la simple dimension scientifique, le niveau académique du personnel enseignant, la compétence du personnel administratif, le niveau et le nombre de publications dans les revues de renom, le nombre de chercheurs impliqués dans les grands projets, les partenariats nationaux et internationaux. La liste est longue... Et optimiser l'ensemble de ces paramètres est un défi qui me séduit !
D'autre part, quand on dirige une école et que l'on a des idées pour la développer, ce que l'on souhaite en premier lieu est de pouvoir les réaliser. Aussi, les économies d'échelles, les moyens, et les partenariats permis par l'appartenance de l'établissement au Groupe IONIS et ses potentialités internationales, autorisent le développement d'une stratégie ambitieuse. Développer dans tous les sens positifs du terme, voilà ce qui me motive.
Quels sont vos projets pour l'ESME Sudria ?
Les projets à mener sont nombreux et divers. Certains s'inscrivent sur du court terme, d'autres, plus ambitieux, dans une durée plus longue. En premier lieu, le Groupe IONIS a décidé l'ouverture de trois campus supplémentaires : l'un à Paris - Montparnasse, qui marque le retour aux racines historiques, et deux autres qui traduisent une ambition, celle de rendre l'ESME Sudria présente en région. L'école de Lille comme celle de Lyon rejoindront les campus du Groupe IONIS déjà existants dans ces deux villes.
A côté de ce projet majeur en cours de réalisation, d'autres projets existent tels que la mise en place du nouveau concours Advance porté par le portail APB et associant l'ESME Sudria, l'EPITA et l'IPSA, un travail sur la pédagogie avec la prise en compte du renouvellement de ses formes, l'élévation du niveau scientifique, le développement de la recherche portée par nos équipes, celui de l'international avec la mise au point de nouveaux programmes et de nouveaux partenariats internationaux, l'introduction de cours en anglais dans le cycle master, le maintien à la qualité ISO de l'ensemble de l'école.
Comment évolue le métier d'ingénieur ?
Le métier d'ingénieur n'est plus aussi recherché par les étudiants qu'autrefois : même si la tendance est peut-être en train de s'inverser... Les entreprises sont à présent et pour la plupart d'entre elles, tenues par des financiers et la France s'est désindustrialisée. Ce n'est pas un jugement, c'est le constat d'une situation dont on voit les conséquences néfastes. Sachant qu'un emploi d'ingénieur nouveau crée indirectement deux autres emplois, on voit pourtant le formidable potentiel que cela représente. Par ailleurs, l'ingénieur a besoin de développer des compétences managériales. En effet, ses compétences technologiques ne sont pas toujours au cœur de son métier en entreprise et ne sont plus toujours suffisantes.
Heureusement, la demande en ingénieurs reste très forte dans un certain nombre de secteurs. C'est le cas dans le secteur des technologies de l'information et de la communication, dans ceux des transports, de l'énergie, de la santé et des moyens dédiés au diagnostic, des nanotechnologies, et de bien d'autres secteurs encore dans lesquels la France détient un leadership ou un niveau à conserver. Imaginez une seule seconde une pénurie d'ingénieurs dans ces domaines, l'économie du pays en souffrirait encore plus !
Il serait bon de redonner à cette profession la place qu'elle mérite...