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Erwan Le Covec (ESME Sudria promo 2016) utilise le Big Data et les réseaux sociaux pour analyser les effets secondaires des médicaments

  • 16/11/2017

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Erwan Le Covec, un Data Scientist passé par l'ESME Sudria

Après un cursus à l'ESME Sudria marqué par un prix lors du Symposium pour un projet associant les données issues de l'assurance maladie avec la météo, Erwan Le Covec (promo 2016) a choisi de débuter sa carrière de Data Scientist chez Keyrus Biopharma à Bruxelles. Une décision qui lui a permis de présenter un article scientifique lié à ses travaux de recherche - Patient-generated Health Data (Social Media) is a Potential Source of ADR Reporting - lors de la dernière conférence annuelle PhUSE qui s'est déroulée du 8 au 11 octobre 2017 à Edinbourg en Écosse. Une grande première pour cet Ancien à l'origine d'un outil capable de sonder les réseaux sociaux pour le compte des acteurs de l'industrie pharmaceutique.

La publication est disponible au format PDF : elle décrie toute la méthode scientifique, les recherches et les résultats.

Peux-tu rappeler ce qu'est la conférence PhUSE ?
Erwan Le Covec : Cette conférence réunit la plupart des grands groupes pharmaceutiques et Contract research organization (CRO), soit des sociétés de services du secteur pharma. On y retrouve toutes les personnes qui, dans ces entités, s'occupent de la gestion des données. C'est un peu le rassemblement du petit monde de la Data dans la pharma. Et cette année, le PhUSE s'est déroulé à Edinbourg avec près de 700 personnes venues du monde entier, d'Inde comme des États-Unis ou d'Europe.

Comment t'es-tu retrouvé à prendre part à cette nouvelle édition ?
Keyrus Biopharma souhaitait participer à l'événement pour y présenter ses recherches. Il se trouve que les premières discussions en interne sur le PhUSE arrivaient justement au moment où nous réfléchissions, mon manager et moi, à un sujet consistant à rechercher les effets secondaires des médicaments sur les réseaux sociaux. Cela faisait suite à une première démonstration réalisée sur cette thématique par l'un de mes prédécesseurs au sein de l'entreprise. Dans mon esprit, j'imaginais aller au-delà d'une « simple » démonstration en concevant un outil capable d'observer sur les réseaux sociaux les tendances autour des effets indésirables. Avec mon manager, nous avons donc soumis l'idée et, une fois celle-ci approuvée, j'ai développé ma recherche et mon papier afin de pouvoir présenter mes travaux. Le projet a débuté en février et s'est poursuivi jusqu'à début octobre, soit un peu avant la présentation.


Quel est l'intérêt de récupérer ces tendances pour des entreprises du secteur pharma ?
Il faut savoir que les entreprises pharmaceutiques délivrant des médicaments doivent chercher par elles-mêmes et par tous les moyens si les patients subissent des effets secondaires. Cela fait partie de leurs obligations. Pour autant, elles n'exploitent encore que très peu les réseaux sociaux alors que, théoriquement, ces derniers peuvent représenter une source importante d'avis et de témoignages. Si, dans le futur, la réglementation concernant la prise en compte des réseaux sociaux se fait plus stricte, l'outil développé leur permettra d'y faire face.

L'avantage des réseaux sociaux est de pouvoir libérer la parole, mais ils peuvent aussi présenter un risque pour l'observateur extérieur quant à la véracité des propos tenus.
Effectivement et cela compliquait le développement d'un tel outil. Les propos présents sur Twitter ou des forums ne sont pas toujours structurés, avec parfois des expressions utilisées peu connues et difficiles à détecter de manière automatique. Et c'est encore pire si l'on prend en compte différents langages ! Par exemple, les alphabets arabes ou chinois sont parfois extrêmement compliqués à analyser. Cela fait partie des défis à venir car, pour le moment, seul l'anglais est utilisé.

Tes recherches se sont concentrées sur deux réseaux sociaux : Reddit et Twitter. Pourquoi eux ?
Reddit et Twitter représentent respectivement les 9e et 12e sites les plus utilisés dans le monde. Ils permettaient donc d'accéder à une importante quantité d'informations. Mais ce qui a surtout motivé cette sélection, c'est le principe même de ces réseaux sociaux : contrairement à d'autres, Reddit et Twitter sont énormément utilisés pour le dialogue, avec des utilisateurs n'hésitant pas à y parler de tout et de rien, y compris de leur vie quotidienne et donc, potentiellement, des effets secondaires et indésirables.

Comment fonctionne l'outil que tu as mis au point ?
On peut lui demander d'extraire les informations d'une source prédéfinie en utilisant des noms de médicaments préalablement rentrés. Par exemple, si on rentre le mot clé « aspirine », l'outil sélectionnera automatiquement tous les textes le contenant et cherchera ensuite dans ces textes les mentions faites sur les effets indésirables en se basant sur les dictionnaires médicaux - bien souvent disponibles en open source - et les notices des médicaments concernés.

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Nous avons effectivement pu aboutir à des conclusions très intéressantes. L'une d'elles porte ainsi sur la fréquence des effets indésirables, qui n'est pas du tout la même sur les réseaux sociaux et dans la littérature. Par exemple, pour l'ibuprofène, si on regarde les notices d'utilisation, on apprend que l'on a plus de chance de connaître tel effet secondaire plutôt qu'un autre. En l'occurrence, il est détaillé que la somnolence est un effet secondaire assez rare. Pour autant, avec notre outil, il est ressorti que la somnolence ressortait énormément sur Twitter, faisant de cet effet celui le plus retrouvé. A contrario et toujours sur Twitter, peu de personnes abordaient la constipation, pourtant un effet secondaire très fréquent selon la littérature. Cette différence est donc à creuser. Même si l'on peut vraisemblablement imaginer qu'il est plus facile de parler de constipation à son médecin que révéler cela sur les réseaux sociaux, ce qui peut être plus gênant pour le consommateur du médicament, cela reste intéressant à analyser. D'ailleurs, l'outil nous a également permis de déceler des cas d'effets secondaires pourtant jugés comme vraiment très rares sur les réseaux sociaux. De facto, on peut également imaginer trouver de nouveaux effets secondaires grâce à lui.
Ces recherches ont aussi démontré d'autres tendances propres à des régions spécifiques. Ainsi, nous avons remarqué que les utilisateurs des réseaux sociaux en Amérique du Sud parlaient énormément d'un antidépresseur, bien plus que dans les autres parties du monde. Pour expliquer ce phénomène, nous avons développé plusieurs hypothèses et notamment le fait que ce médicament était apparemment aussi utilisé là-bas comme une drogue récréative. D'où cette forte proportion de témoignages.

Quels ont été les retours des professionnels présents suite à ta présentation ?
Le sujet a intéressé. Sur le stand Keyrus Biopharma, plusieurs participants au PhUSE sont d'ailleurs passés pour échanger avec moi sur le sujet, certains m'ont même permis d'ouvrir de nouvelles pistes afin d'améliorer la détection. C'était très constructif, d'autant qu'il s'agissait de ma première conférence ! Cela m'a permis de rencontrer des professionnels ayant 10-15 ans d'expérience dans le milieu alors que cela ne fait qu'un peu plus d'un an que je travaille dans le secteur pharma.

Le projet sera-t-il justement poursuivi ?
Rien n'est acté pour l'instant, mais j'aimerais bien qu'il le soit car il a intéressé de nombreuses personnes sur place.

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