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Sophia Houriez--Gombaud-Saintonge, doctorante à l'ESME Sudria : « La recherche consiste à se remettre régulièrement en question »

  • 07/12/2017

En plus de former des ingénieurs qualifiés pour répondre aux besoins de nombreux secteurs, de l'énergie à la santé, l'ESME Sudria accueille également des enseignants-chercheurs venus de divers horizons au sein de plusieurs laboratoires, parmi lequel le Laboratoire Images, Signaux et Systèmes Intelligents. Sophia Houriez--Gombaud-Saintonge fait partie de ces scientifiques qui ont choisi l'ESME Sudria pour faire leur doctorat, sa thèse étant encadrée à l'école par Yasmina Chenoune et par Nadjia Kachenoura au Laboratoire d'Imagerie Biomédicale (LIB) de l'Université Pierre et Marie Curie (Sorbonne Universités). Récompensée en septembre dernier pour ses travaux à travers le prix de la meilleure présentation lors du PhD Day 2017, la jeune chercheuse revient sur son parcours et le contenu de ses recherches qui portent sur l'imagerie cardiovasculaire.

temoignage_sophia_doctorante_enseignante-chercheuse-esme_sudria_laboratoire_sante_imagerie_medicale_aorte_LIB_biomedical_2017_04.jpgQue faisiez-vous avant de rejoindre l'ESME Sudria ?
Sophia Houriez--Gombaud-Saintonge : J'ai commencé par deux années de classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Chaptal à Paris, puis j'ai passé les concours pour intégrer l'INP-ENSEEIHT via le département Électronique et Traitement du Signal afin d'obtenir mon diplôme d'ingénieure. Durant ces trois années, j'ai pu réaliser plusieurs stages dans le domaine de la recherche, notamment à l'Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT) et au sein du Centre de Recherche européen sur la Peau des laboratoires Pierre Fabre. Ce milieu de la recherche m'ayant plu, j'ai décidé de poursuivre mes études en thèse. J'ai envoyé une candidature spontanée au LIB et c'est ainsi que j'ai découvert le projet doctoral en partenariat avec l'ESME Sudria. Voilà comment j'ai commencé ma thèse il y a un peu plus d'un an maintenant... et débuté l'enseignement des bases algorithmiques et du langage Python aux étudiants de l'ESME ! C'est une expérience vraiment intéressante car, pour moi, travailler dans la recherche consiste à se perfectionner sur plusieurs sujets et à se remettre régulièrement en question : se retrouver devant les futurs ingénieurs de l'école permet donc de réfléchir à comment aborder et transmettre les choses. Ce savoir pédagogique peut ensuite servir lors de la communication et la rédaction d'articles scientifiques par exemple.

Pourquoi avoir choisi de devenir chercheuse après votre diplôme d'ingénieure ?
Ce que je voulais vraiment, c'était travailler dans le milieu du biomédical et œuvrer pour une cause « utile » et concrète. D'où ma volonté de me diriger vers la recherche qui me permet d'utiliser mes compétences acquises en école d'ingénieur dans un domaine innovant et au cœur des problématiques actuelles de santé publique. De plus, cela me permet de me perfectionner au sein d'une équipe pluridisciplinaire. Nous avons d'ailleurs un partenaire clinique important associé au projet sur lequel je travaille qui est l'Unité Fonctionnelle d'Imagerie Cardiovasculaire Non Invasive (scanner, IRM) de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP).

Votre thèse porte sur l'imagerie cardiovasculaire. Que développe-t-elle ?
Mes premiers travaux portent notamment sur l'étude de la rigidité aortique. Pour rappel, l'aorte est le vaisseau sanguin qui permet d'amener le sang oxygéné provenant du cœur vers le reste du corps. Or, avec l'âge ou la survenue de certaines maladies, l'aorte peut devenir rigide, ce qui engendre un certain nombre de changements physiologiques pouvant mener à une insuffisance cardiaque et donc, à terme, au décès du patient. Dans un but de prévention, nous travaillons sur la caractérisation précoce de cette rigidité à l'aide de l'imagerie médicale. Je travaille ainsi au contact de cardiologues sur des images IRM 4D Flow, qui associent une IRM en 3D et la visualisation du flux sanguin. L'objectif étant de développer des outils interactifs et de réaliser des mesures auprès de volontaires sains et de patients souffrant de différentes maladies. Ces mesures pourront nous aider à mieux comprendre les phénomènes physiologiques et éventuellement d'établir un diagnostic précoce.

temoignage_sophia_doctorante_enseignante-chercheuse-esme_sudria_laboratoire_sante_imagerie_medicale_aorte_LIB_biomedical_2017_02.jpg

Au sein du Laboratoire Images, Signaux et Systèmes Intelligents, Yasmina Chenoune est votre co-directrice de thèse. Récemment, vous avez rédigé avec elle un article scientifique qui a été présenté lors du colloque international Computing in Cardiology (CinC, octobre 2017). Comment travaillez-vous ensemble ?
De par ses activités de recherche, Yasmina possède une expertise en traitement d'images et en imagerie médicale. Avec Nadjia Kachenoura du LIB, elle assure le suivi scientifique de mes travaux de recherche et m'oriente sur le choix des méthodes, l'analyse et l'interprétation de mes résultats. Cet éclairage est très important pour orienter et faire avancer mes travaux. Pour revenir à cet article, il s'agissait d'une comparaison de trois méthodes issues de la littérature scientifique permettant de mesurer la vitesse d'onde de pouls qui est un marqueur du vieillissement cardiovasculaire et de rigidité aortique, sur lequel il n'y a pas eu énormément d'études réalisées jusqu'à présent. Cette vélocité peut pourtant être mesurée très tôt et donc prévenir de nombreux risques cardiovasculaires. L'un des cardiologues avec qui je travaille serait d'ailleurs intéressé par un outil permettant de calculer ce marqueur, tout comme les ingénieurs et autres cardiologues présents lors du colloque et avec qui nous avons pu échanger.

En octobre, vous avez également remporté le prix de la meilleure présentation lors du PhD Day 2017 organisé par le LIB. Selon vous, qu'est-ce qui vous a permis de vous démarquer des autres doctorants ?
Avec le recul, je pense que les cours que je donne aux étudiants de l'ESME Sudria ont représenté un très bon entraînement ! Cela m'a permis de m'améliorer sur l'aspect présentation et sur la pédagogie, d'autant plus que ces cours me donnent l'occasion d'aborder avec les élèves des sujets qu'ils n'ont pas l'habitude de traiter tous les jours. Cela me force donc à adapter mon vocabulaire. Au fond, l'enseignement est une piqure de rappel nécessaire pour les chercheurs qui, à force de travailler au quotidien sur leur sujet, peuvent être amenés à oublier que tout le monde ne maîtrise pas forcément certaines problématiques. Il faut toujours savoir adapter son discours à son interlocuteur.

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